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19H30 - PLACE DU VILLAGE
LA LANGUE DU PERROQUET

Fine Kwiatkowski : danse / David Chiesa : contrebasse / Willedhad Grafenhorst : basse électrique / Frantz Loriot : alto / Anne-Laure Pigache : voix et dispositif / Anne-Julie Rollet : électroniques et dispositif / Wilfried Deurre : voix / Patricia Bosshard : violon / Gilles Laval : guitare/ Amanda Gardone : contrebasse

LE PROJET

La langue du Perroquet est une pièce sonore écrite et réalisée par Anne-Laure Pigache et Anne-Julie Rollet qui prend sa source de leur appétit conjoint pour la conversation, le détournement de la langue, les choeurs de voix parlées, la radio et tout un tas d’essais et d’expériences accumulées lors de précédents partages et ateliers avec des amateurs ou des ensembles professionnels. Elle propose un déplacement de la parole et de la conversation et aborde les rapports singuliers à l’écoute, aux lieux que nous traversons et aux histoires qu’ils portent, aux manières multiples et intimes d’habiter des histoires qui nous dépassent. La langue du Perroquet est une pièce mixte participative qui sera jouée au plateau par Anne-Laure Pigache, Anne-Julie Rollet et un groupe d’une petite dizaine de personnes, composé soit de musicien·nes, soit d’amateurs (musicien·nes ou non) recrutés pour l’occasion, différents à chaque représentation. Le principe du dispositif participatif repose sur le jeu du perroquet, jeu que nous avons tous expérimenté plus jeune lorsque nous répétitions exactement les sons et les paroles, les intonations et les hauteurs d’une personne tierce - jusqu’à épuisement ! Ici, tout est orchestré : sur chaque lieu de diffusion, un orchestre de voix est constitué. Il est demandé à chacun·e de "répéter" exactement tout ce qu’ils et elles entendent depuis un casque individuel - jusqu’à faire surgir la musique. C’est à la fois une oeuvre sur support et une oeuvre in situ : de représentations en représentations, une même partie sonore côtoie une autre qui s’écrit plus spécifiquement pour les lieux et/ou avec les interprètes. Aussi, chaque nouvelle présentation de La langue du Perroquet est donc différente car elle est interprétée par un nouveau groupe de personnes, et en partie recomposée pour le contexte où elle est jouée.

LA RÈGLE DU JEU

Les Harmoniques du Néon disposent d’un système de pilotage radio qui permet assez simplement d’envoyer simultanément du son dans un casque ou plusieurs casques. La règle du jeu est simple : celui ou celle qui porte le casque est invité à répéter exactement les sons ou les paroles qu’il ou elle entend au casque (le détail de l’écriture sonore figure ci-après). Les Harmoniques du Néon passent donc une commande à Anne-Julie Rollet et Anne-Laure Pigache pour jouer sur ce dispositif spécifique.

LA COMPOSITION MUSICALE

DEUX FORMES DE COMPOSITION - La composition de La langue du Perroquet se fait en plusieurs étapes : il y a d’une part, une composition électro-acoustique qui sera diffusée sur plusieurs haut-parleurs au moment de la performance. Cette pièce électro-acoustique se compose de field recording enregistrés puis recomposés lors des différentes résidentes pour ce projet. Elle est fixe et sera utilisée à chaque nouvelle édition de La langue du Perroquet. D’autre part, il y aura une composition électro-acoustique mixte, réactualisée dans chaque contexte de diffusion de La langue du Perroquet. C’est cette partie qui est diffusée dans les casques des interprètes. Elle est composée principalement à partir de paroles enregistrées lors des différentes résidences, mais aussi de field recording et de sons électroniques. Cette partie est restituée par les interprètes qui imitent, à la voix, cette bande sonore. Ce choeur de voix parlées-chantées est dirigé en live par Anne-Julie Rollet et par Anne-Laure Pigache qui utilisent 2 modes de direction, détaillés ci-après. UNE DOUBLE-DIRECTION - La direction de ce choeur est assurée d’une part par Anne- Julie Rollet, via le système de casques explicité plus haut. Celui-ci permet littéralement de sculpter le choeur de paroles : qui parle ? Quand et combien de personnes parlent / vocalisent / sonnent en même temps ? Quel solo prend la suite de quel tutti ? Les interprètes sont au service du choeur. Ils n’ont pas toujours la conscience de ce qui est produit - ils et elles font confiance à la situation et font l’expérience d’être "la voix d’un autre". Une autre direction est assurée par Anne-Laure Pigache, dont la voix, improvisée, est restituée en direct dans les casques des interprètes. Elle joue un rôle de lead que le choeur imite. Selon les consignes données aux interprètes, il imite cette proposition d’extended voice ou en fait une "traduction" avec leur corps voire avec un instrument. Un temps de travail avec le groupe qui interprète la pièce est donc mis en place à chaque diffusion : le jeu d’interprétation est adaptée et ajustée avec les spécificités de chaque groupe, et le contexte dans lequel la partition doit être jouée.

DE QUOI ÇA PARLE ?

Parler, c’est prendre l’espace, c’est s’exposer. La langue du Perroquet vient solliciter la parole sensible, celle qui parle depuis soi, de ses perceptions, de ce qui nous concerne aujourd’hui et maintenant dans les contextes où nous évoluons. Il s’agit de faire récit de nos expertises quotidiennes, de s’impliquer dans ce qui est dit. L’écriture est prévue pour intégrer à chaque session de re-création participative, une conversation située dans le contexte où la pièce est jouée : Avec Lucilin, ensemble de musicien·nes interprètes virtuoses, il s’agissait de la question "c’est quoi avoir peur sur scène ?" ; avec les habitant·es de Sault, la question est "comment écoutons-nous nos lieux de vies ?" ; avec les participant·es de Chambéry la question est "Où se loge la grande histoire dans ton histoire ?"... L’enjeu bien sûr est de cerner à quel endroit ces paroles intimes nous concernent toutes et tous. Par le principe même du dispositif une parole intime peut être partagée et portée par une autre voix : peut-être pour davantage en ressentir le commun ?